L’EGLISE D’ANGLES et la TOUR DE MORICQ

L’église d’ANGLES entre la plaine et le marais, le voyageur qui vient de Paris vers la mer voit de loin se dresser l’une de ces églises romanes dont le sud de la Loire est riche. Parvenu sur la place du centre bourg, s’il consent à lever les yeux, il s’étonne d’apercevoir une bête monstrueuse dominer la façade et le pignon. Telle est donc dans son aspect sommaire l’église Sainte Marie des Angles où l’Histoire et la légende se rencontrent pour composer l’un des plus beaux monuments religieux du Bas-Poitou...

LA « MALEBÊTE » D’ANGLES

Le vallon de Troussepoil était le repaire d’une grosse bête noire à long poil (le monstre prenait plaisir à se baigner dans "le ruisseau qui coule dans la vallée, et Troussepoil vient de ce qu’il se retirait de là le poil tout hérissé) faite comme un ours, qui ravageait le pays. Les vaches et les femmes étaient la viande qu’il préférait, et en faisait ample consommation. Les habitants imploraient toutes les puissances pour être délivrés de ce fléau. Un légat du pape se proposa, ainsi que l’abbé de Fontaine et celui de Talmond, pour exorciser la bête et échouèrent. L’abbaye d’Angles était gouvernée par un saint homme du nom de Martin. qui tenta l’aventure. Après cinq jours et cinq nuits en prière, par des signes de croix, il réduisit la bête à venir se ranger sous son bâton, et il l’amena jusqu’au milieu de la cohue d’Angles, les hommes et les femmes chantaient Alléluia, mais les filles virent là, matière à risée et dirent : "Père Martin dompis quand êtes-vous" breger d’au diable " ? Sans répondre l’abbé fit monter la bêle au pignon de l’église, fut changée en pierre par un nouveau signe de croix, le saint homme lui dit :"tu ne vivras dès mesuy que de la beauté des filles d’Angles" aussitôt les filles qui jusque là étaient jolies, devinrent laides.

Voyons une autre version :

Extrait de : D’après La Vendée Romane (Bas Poitou Roman). Edition Zodiaque : la nuit des Temps de Michel Dillange (pages 218-219) D’après la légende, il s’agirait d’une « malebêle » incarnation du démon qui, tapie dans le marais, dévorait les attardés. Exorcisée par un saint homme nommé Martin elle fut transformée en pierre, et depuis elle ne se nourrit plus, que de la beauté des filles d’Angles. Derrière cette histoire malicieuse se cachent vraisemblablement des origines païennes, et l’emplacement même de cette sculpture laisserait croire qu’elle fut ainsi christianisée. En fait, il s’agit d’une statue mutilée, posée sur un morceau de sarcophage, lui même placé à la pointe du pignon. Une croix de fer était jadis scellée sur son dos. C’est un animal velu dont la tête ressemble à celle d’un cynocéphale. L’amorce des pattes indique que le corps n’était pas à l’horizontal, mais que la bête était assise. La datation est difficile cependant le rapprochement avec certaines pièces du musée de Saint -Germain- En-Laye pourrait laisser supposer une origine préchrétienne.  

L’histoire : l’église d’Angles est fondée dans la deuxième moitié du Xie siècle pour être desservie par des ecclésiastiques ayant adopté une vie en communauté selon la règle de St Augustin. On désigne ces religieux d’un genre particulier sous le nom de " chanoines réguliers ". Leur mode de vie s’est répandu au XIème siècle à l’occasion de la fondation de nombreuses églises. L’église d’Angles est régie dans les premiers temps par un prieur, élu par les chanoines, d’où l’attribution originelle du nom prieuré pour qualifier l’édifice. Les bâtiments étaient identiques à ceux des moines, comprenant un cloître attenant à l’église, une salle capitulaire, un réfectoire, un dortoir...

La Tour de Moricq

Elle appartient à la famille des donjons rectangulaires et se caractérise par l’égalité des 3 dimensions. Hauteur = largeur = longueur (14,50 m environ). Située sur l’emplacement d’une motte féodale du 11ème-12ème siècle. Elle a été construite en 1435 par REGNAUD-GIRARD chevalier et homme de confiance Charles VI, pour protéger le ravitaillement de la Rochelle. Moricq était alors un port très actif, exportant céréales, vins et bois vers la Rochelle et Bordeaux tout en gardant l’embouchure du LAY, les bateaux remontant alors jusqu’à Mareuil.

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Commentaires (3)

1. yves kerebel 26/12/2010

Trouvé dans les archives familiales

En avril 1451
Rémission accordée par Charles roi de France à Pierre Micheau hôtelier de Moricq, commis à l'administration du prieuré de saint benoit, dépendant de l'abbaye de saint Michel en l'Herm, fermier de l'imposition des XII deniers sur les produits livrés à Moricq et à son gendre André Goupilleau coupable du meutre de Pierre Herbreteau qui avait insulté la femme dudit Micheau.
Archives historiques du Poitou tome XXXII page 225 et suiv.

2. clause 10/06/2010

Quel est le rôle des entrelacs gravés sur la façade de l'église ??

3. Bernard Fillon 09/08/2009

Pourquoi vouloir associer Vendée et Chouans quand on sait que les chouans ont combattu (un peu lors de la virée de galerne)au Nord de la Loire et surtout pas au sud de ce fleuve.C'est une erreur historique qui passe évidemment pour vérité tant on la relance.
Merci d'y réfléchir.

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