1793 Charette

LA VENDEE INCENDIEE

Résistance et guérilla

L'optimisme des autorités départementales et celui des représentants en mission sont très vite démentis. La guerre s'adapte aux conditions du pays: haies et chemins creux conviennent parfaitement à la guérilla vendéenne. Les menaces sur le sud-est du département subsistent. En témoigne l'arrêté pris le 10 janvier par le Conseil Général du district de La Châtaigneraie:Vendée chouan

Article 1er: Tous les Genets et ageons accru sur le territoire de ce district et reconnus capable de cacher des hommes, seront arrachés ou coupes dans chaque commune dans le mois qui suivra la publication du présent arrêté.

Article 3e: Les bois taillis qui bordent les chemins seront coupes dans le même delais, demaniere à laisser un vide de cent pas entre le Chemin et le Bois.

Article 4e: Il sera en outre pratique dans les Bois taillis considérables des Chemins ou passée de trois cent pas pour faciliter le passages des Gardes nationales employée à la Chasses des Rebelles.
Registre des délibérations du Conseil général du district de La Chataîgneraie (A.D.V., L380)

Pour en finir avec la Vendée, le général Turreau (1756-1816) décide d'utiliser la politique de la terre brûlée: le coeur des régions insurgées sera incendié, les rebelles exterminés.

Des instructions draconiennes

On emploiera tous les moyens de découvrir les rebelles: tous seront passés au fil de la baïonnette; les villages, métairies, bois, landes, genêts, et généralement tout ce qui peut être brûlé, seront livrés aux flammes....
(Louis Marie Turreau cité dans Chassin, La Vendée patriote, t.IV)

Les résultats sont fulgurants: le nord de la Vendée est à feu et à sang.

Boucret séjourna aux Epesses et fit égorger, sur une liste insignifiante, 25 jeunes gens... qui presque tous allaient partir pour la réquisition, faisaient le service de garde nationale et le faisaient bien... Il fit égorger deux officiers municipaux en écharpe, par une erreur de nom, qu'il ne donna pas le temps d'expliquer.

Dans le reste de la paroisse, on fusilla à toutes mains, sans exception ni formalité. Grignon m'enjoignit de le suivre à la Flocelière, dont j'étais maire. J'offris de lui donner une liste des grands coupables, il me dit que c'était inutile et fit égorger 6 hommes de ma commune sans me consulter.
La troupe pilla et saccagea alors à tort et à travers; je ne mentionne pas les cadavres épars fait par les soldats. On viola les femmes et même 30 passèrent sur une; soixante ans, un oeil poché et d'autres désagrements n'en exemptèrent pas une autre, etc, etc.


 

La guérilla se généralise: les incendies, les massacres exaspèrent la résistance des régions insurgées.

Voila comment le passage des Colonnes, en dévastant 600 lieus carrées de pays, égorgea des milliers de patriotes et donna 25 000 hommes à Charette. (Vincent Chapelin cité dans Chassin, la Vendée patriote, t.IV)

Le bilan de la réquisition des hommes de 18 à 24 ans, établi entre février et juin 1794, permet de monter l'opposition entre la Vendée bleue et la Vendée blanche: La fidélité du sud du département à la république apparaît avec clarté. Dès le printemps, une proclamation des agents de la commission d'agriculture et des arts avait appelé les insurgés à rendre leurs armes et leur avait garanti une vie calme et paisible. Mais l'insécurité persiste pendant toute la fin de l'année 1794 et le début de l'année 1795.

Nous recevons à l'instant par vôtre courrier l'arrêté des représentants du peuple près l'armée de l'ouest en date du 23 de ce mois; déjà l'inspecteur des subsistances nous en avait transmis copie et les 12 000qx de blés requis de nôtre district sont répartis et le contingent de chaque commune va lui être notifié. si nos communes libres sont protégées, elles satisferont certainement à votre demande, mais sans cela il n'est guere possible que nos cultivateurs battent et vannent leurs blés, car les brigands infectent toutes les nuits nos communes libres, en enlevant les récoltes, les bestiaux, chevaux et massacrent les patriotes les plus connus et les colons qui voiturent des denrées pour la République et pour les patriotes. (Lettre de l'administration du district des Sables à l'administration départementale, A.D.V., L429)

Dès le début du mois de décembre 1794, la Convention essaie de mettre un terme à la guerre: un décret d'amnistie est voté le 2 décembre 1794
Le 23, la Convention décide d'entamer des négociations avec les Vendéens; le 25 Charette reçoit les premiers émissaires républicains. Les discutions vont se poursuivre jusqu'au mois de février 1795.
La paix est signée près de Nantes le 17 février 1795 (Traité de la Jaunaye)
Mais dès le 25 mai, Charette reprend les armes; La tactique de ses hommes est simple: guérilla.

Les Vendéens:


Il est sorti hier de cette ville 600 volontaires suivis de 12 charriots chargé de vivres pour se rendre au Camp de Palliau, etant parvenû environs sur Deux heures après midy entre le moulin de Salboêuf et la metairie de la Vriniere un quart de lieu au midy de Beaulieu, il ont ete attacqué subitement en tête, en flanc, et en queüe par 4 000 Brigands soud les ordres de Charette, qui sont tombé sur eux comme des Tygres furieux, et qui les ont tout impitoablement êgorgé, ceux qui ont echapé au Carnage ont raporté que les volontaires qui rendois les armes ont été torturé par les Brigands de la maniere la plus cruelle et la plus barbare après leurs avoir attaché les mains deriere le dos, ils leurs coupois les veines les quitant perir en ces tourmants, on a veû meme de leurs femmes plonger des fourches en leur sein de ceux qui donnois encore quelque signe de vie.

(Mémoires d'un habitant des Sables-d'Olonne, A.D.V, J163)

Les Républicains:


Comme l'armée marchet sur la Motte les chassuers de Cassel qui écairois la retraite de Droite et de Gauche, ont fusillé touts les individeu des campagnes qui ne pouvois se soustraire à leurs feureur, pillant, ravagent, et incendient tout ce qui se trouvet sur leurs pas, affin de ce venger des cruels assassinats que les Brigands avoient commis la veille. Ces mêmes chasseurs annimé de la soif de vengence ont pénétré la nuit suivante en le Bocage au nombre de 300, et ils ont exercé mille cruautés, et raporté beaucoup d'effets de leurs pillages, ainsi que 32 fusils. Quelques Alemant pousserent leurs barbarie jusque à suspendre des enfants en l'air sur la pointe de leur bayonette et portois par ces attrocité la terreur el l'Effrois en toutes les campagnes. .
(Mémoires d'un habitant des Sables-d'Olonne, A.D.V, J163)

En décembre 1795, à partir de Luçon, est lancée une offensive qui menée sur plusieurs axes (Luçon-Les Sables, Luçon-La Mothe Achard, Luçon-La Roche sur Yon Aizenay Apremont, et La Roche sur Yon-Les Essarts), refoule Charette sur son quartier général de Belleville. Au début de l'année 1796, les colonnes mobiles de Travot traquent Charrette. Des deux chefs vendéens, le premier, Stofflet, capturé dans une ferme où il s'était réfugié, est condamné à mort et exécuté à Angers le 25 février 1796.

Charette ne lui survit qu'un mois. C'est le 22 mars que le général Travot parvient à l'arrêter: conduit à Nantes, Charette est condamné à mort et exécuté le 25 mars 1796.

 

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