De l'épopée au Mythe

Nous sommes le 24 février 1793

Louis XVI est exécuté le 21 janvier - La guerre est déclarée contre l'Angleterre le 1er février. La famine règne en France, et la révolte gronde dans les campagnes. vendee

    la Convention décrète la levée de 300 000 hommes.
    Avant même que le décret n'arrive dans les municipalités (le 7 mars), des troubles éclatent: débutant à Cholet dès le 2 mars, ils se généralisent le 10. Machecoul est occupé par les insurgés le 11, Tiffauges le 12, le jour fixé pour les opérations du tirage au sort.

La Roche surion 11 mars 1793 Lan deux de la republique française 7 heure du soir
Citoien Un rassemblement considerable est dans lemoment appalluau. Le Sang à coulé, nos besoins sont extraime nous vous prions citoiens d'engager votre garde nationnalle au nom du salut de la republique de nous prester sans aucun retard secours et assistance
Nous somme avec fraternité: Le président de l'Administration du district de la Roche-sur-Yon. Signé Garet danyan. (A.D.V., L186/7)

Les 13 et 14 mars, le Marais breton et le Bocage s'enflamment: toutes les villes du nord du département, Les herbiers, Mortagne, Montaigu, Challans, La Roche sur Yon, tombent aux mains des insurgés.

Un soulèvement en masse s'organise

La guerre de Vendée a été commencée et soutenue par les peuples même du département, qui se sont soulevés en masse, séduites par leurs prêtres et par des gentilshommes.
Et l'on ne sera pas étonné de trouver en Vendémiaire dernier (an VI) sous les drapeaux de Charette près de 60 000 hommes rassemblés en les communes de Beaulieu, Aizenay, Dompierre etc...
quand tout les paisent en état de marcher des communes en Revolte étois forcé de si rendre; si l'on a compté en le cy-devent district des Sables 61 301 individus, il faut croire que plus de la moitié de cette population avait pris les armes et s'étois insurgé; si il en a été de même des 11 autres districts, qui se sont soulevé l'on ne sera pas étonné d'avoir vu des rassemblements de 150 à 200 000 hommes en les commencement de cette fatale guerre.
(mémoire manuscrites d'un habitant des Sables d'Olonne, A.D.V., J163)


Après les prises de Bressuire et de Thouars, l'armée vendéenne porte ses efforts sur Fontenay. C'est sur le corps d'un chef de paroisse, tué le 16 mai, qu'est trouvée 

                    'La Marseillaise vendéenne'
Allons, armées catholiques,
Le jour de gloëre est arrivé.
Contre nous de la République
L'étendard sanglant est levé. (bis)
Ontondez-ve dans quiés campagnes,
Les cris impurs dos scélérats !
    Gle venant jusque dans vos bras
Prondre vos feilles et vos femmes.
Aux armes, Poitevins !
Formez vos bataillaons;
Marchez, marchez, le sang dos Bllus
Rogira vos seillaons ! (bis)

(Publié dans 'l'indicateur de la Vendée' du 24 juillet 1881, A.D.V., 52J4)

 

Le 25 mai, l'armée catholique occupe Fontenay-le-Comte que les républicains ne reprendront que le 11 Juillet. Cependant elle échoue devant Luçon le 28 juin, devant Nantes le 29, et à deux reprises devant Luçon les 30 juillet et 14 août.
A Paris, la Convention prend conscience du danger que représente pour elle l'insurrection, avec retard, puisque le décret 'relatif aux mesures à prendre contre les rebelles de la Vendée' ne date que du 1er août.

 

Article premier: le ministre de la guerre donnera sur-le-champ les ordres nécessaire pour que la garnison de Mayence soit transportée en poste dans la Vendée;
Il sera envoyé par le ministre de la guerre des matières combustibles de toute espèce, pour incendier les bois, les taillis et les genêts...
Les femmes, les enfants et les vieillards, seront conduits dans l'intérieur; il sera pourvu à leur subsistance et à leur sûreté, avec tous les égards dus à l'humanité...
Les biens des rebelles de la Vendée sont déclarés appartenir à la république.
(Extrait du décret de la convention nationale du 1er août 1793, A.D.V., 52J4)

Le but de ces mesures radicales est d'encercler et de réduire l'insurrection en quinze jours. Mais l'offensive contre la Vendée échoue; du 19 au 22 septembre, les troupes de la République subissent cinq défaites dont celles de Torfou (19 septembre) et de Saint-Fulgent. L'armée républicaine vit sur le pays par les réquisitions et le pillage
Le 17 octobre, l'armée vendéenne subit sa première défaite à Cholet; elle est obligée de passer la Loire à Saint-Florent-le-Vieil
A l'exception de Charette et de ses maraîchins, toute l'armée catholique, traînant derrière elle femmes et enfants, soit quelques 80 000 personnes est passée sur la rive droite de la Loire. Après l'échec devant Granville (14 Novembre), l'armée catholique revient sur ses pas, ce qui suscite l'inquiétude du représentant Fayau; les mesures qu'il demande de prendre aux administrateurs du département annoncent les colonnes infernales.

Vous savez comme moi, citoyen, que les brigands appelés de la vendée, éxistent encore, quoique on les aye tués plusieurs fois à la tribune de la Convention. Ils ont même Remportés quelques avantages sur nos troupes près de Dôle, et je viens d'apprendre qu'ils dirrigeoient leurs pas sur votre territoire...
Je vous engage, citoyens administrateurs, à prendre les mesures les plus promptes, et les plus énergiques, pour que les armées catholiques et royales, dans le cas où elles rentreroient dans la Vendée, n'y trouvent plus qu'un désert. aux grands maux, de grands remèdes. Il faut purger la patrie, point de commisération, point d'égoïsme.
(lettre de Fayau au Conseil général du département, décembre 1793, A.D.V., L380)

Après les défaites d'Angers et du Mans, alors que seuls Stofflet, La Rochejaquelein et quelques-uns de leurs hommes réussissent à franchir la Loire à Ancenis, le reste de l'armée vendéenne est anéanti à Savenay, le 23 décembre 1793

Nous fîmes une boucherie horrible; les dernières pièces de canon, quelques caissons, équipages, trésor, etc..., tout tomba en notre pouvoir. Marceau et les autres généraux, avec les représentant du peuple Prieur et Turreau, suivirent l'ennemi sur la droite. Très peu leur échappèrent; partout on ne voyait que des monceaux de morts. Moi, je me suis sauvé sur la gauche; tous furent noyés ou taillés en pièces. Les brigands qui échappèrent à la mort en cette journée furent traqués et tués ou ramenés par les habitants des environs. Dans la banlieu de Savenay seulement, plus de 6 000 ont été enterrés. C'est ainsi qu'une armée, fort au moins, le 22 frimaire, de 80 à 90 000 hommes, fut complètement détruite dans douze jours par le génie et le courage des soldats républicains, qui tous, pour ainsi dire, ont amassé des trésors des dépouilles des ennemis de la République.
(Témoignage du général Westermann)

 

Mais la menace qui pèse sur La Chataîgneraie dès décembre prouve que la rébellion n'est pas encore matée, et Charette est toujours maître du nord-ouest du département.

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