François Rabelais

Un poitevin d'adoption. S'il est bien vrai que la jeunesse est l'époque de la vie pendant laquelle une personnalité prend forme, c'est au Poitou que Rabelais doit la sienne. Né vers 1494 près de Chinon, l'auteur de ' Gargantua ' a gardé de ses séjours à Fontenay-le-Comte, à Maillezais, à Ligué, bien autre chose que de simples dénominations géographiques.
'La Touraine a été son berceau, nous dit Jean Plattard, mais c'est en Poitou qu'il s'est éveillé à la vie de l'esprit '.
Retracer la jeunesse poitevine de Rabelais, c'est le suivre dans sa formation intellectuelle. La province laissera sur lui une empreinte indélébile

 

Nous ne connaissons rien de certain sur l'enfance et la première éducation de Rabelais. Par contre, la preuve de sa présence à Fontenay, en 1521, est établie par la lettre qu'il adressa, le 4 mars, en latin, à Guillaume Budé. Nous savons même qu'il se trouvait depuis peu au couvent des ' Frères mineurs de l'Observance ' de la ville puisque, dans une autre lettre adressée le 10 février 1520 à un autre moine, frère Pierre Amy, Budé plaint ce dernier d'être seul à s'intéresser aux études grecques et latines.

En 1521, Rabelais appartient donc au couvent franciscain du Puy-Saint-Martin, fondé en 1321 entre la rivière Vendée et le coteau qui domine Fontenay à l'Ouest, à peu près sur l'emplacement de l'Hôtel de Ville actuel.
Il s'était lié d'amitié avec Pierre Amy - dont Erasme disait qu'il n'avait ' jamais vu de moeurs plus pures que les siennes ' - le fit correspondre avec Budé, le promoteur des lettres grecques en France. En 1522 - 1523, Rabelais écrivit plusieurs fois au brillant helléniste ; Il n'ambitionne, à cette époque, que de devenir un ' abîme de science ', pour reprendre une expression qu'il emploiera plus tard à propos de son géant, dans ' Pantagruel '.

Sa soif de connaissances et son ouverture d'esprit l'incitèrent à fréquenter, toujours sur l'initiative de son compagnon Pierre Amy, l'hôtel d'André Tiraqueau,
' le bon, le docte, le saige, le tant humain, tant débonnaire et équitable ' légiste fontenaisien. Chez ce dernier se réunissait - sous un berceau de lauriers-tins, raconte-t-on, tout un petit cénacle : des magistrats ou avocats du siège de Fontenay comme Jean Brisso et Hilaire Goguet, Artus Cailler et d'autres beaux esprits. Le puissant seigneur Geoffroy d'Estissac, prieur et évêque de l'abbaye bénédictine de Maillerais, aimait se rendre à ces réunions où des sujets de morale, de droit ou d'histoire étaient sérieusement discuté par ce cercle d'humanistes.

Vers la fin de 1523, la Sorbonne, alarmé par la publication d'Erasme sur le texte grec de l'Evangile de Saint Luc, conçut le projet d'interdire en France l'étude du Grec. Le projet se réalisa et les moines du Puy-Saint-Martin confisquèrent sans vergogne les livres grecs de Pierre Amy et François Rabelais. Les réactions des deux amis furent différentes : le premier prit la décision de s'enfuir ; Rabelais, quant à lui, préféra patienter. Ses livres lui furent peu après restitués. Mais il résolut de passer de l'ordre de cordeliers de Fontenay à celui de Bénédictins de Maillezais.

Le Pape Clément VII lui permit de changer d'ordre et il trouva donc refuge dans l'abbaye de Maillezais, évêché depuis 1317. Il se rangea alors
sous la crosse bienveillante de l'évêque-abbé Geoffroy d'Estissac '. Attaché à son service personnel (soit à titre de secrétaire, soit comme précepteur de son neveu), Rabelais eut ainsi l'occasion de parcourir en long et en large le Haut et le Bas-Poitou. Il se familiarisa avec la plaine de Fontenay, le marais de Maillezais et la zone côtière, depuis
le terroir doux, uligineux, légier, humide sans froydure d'Olonne en Talmondoys ' jusqu'au pays de La Rochelle.

Mais Rabelais ne s'accommoda pas complètement de la vie claustrale. La légende relate même que, les moines de Maillezais ayant eu à souffrir de ses facéties, ils l'enfermèrent dans un petit cellier qui prit par suite le nom de ' cachot de Rabelais ' (On peut toujours le visiter au sein de l'abbaye). Le créateur de Grangousier quitta le Poitou pour poursuivre des études de médecine à Montpellier .

La langue de Rabelais et le Bas-Poitou

Rabelais a récolté en Poitou une importante moisson de dictons, vocables et traditions populaires, en voici quelques expressions.
'Ferrer les cigales' 
en Vendée on ne ferre pas les cigales mais à l'époque à Petosse près de Fontenay-le-Comte on ferrait les chats ! ! !
cette formule signifie perdre son temps.
'La langue me pelle'
 
 expression courante dans la bouche d'un assoiffé.
  'Les aureilles me cornent'
 
 signifie que quelqu'un parle de vous en bien ou en mal.
'Ayant les oeils plus grands que le ventre'
 
 on le dit de quelqu'un qui pris dans son assiette plus de fricot qu'il ne peut en manger.

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Commentaires (1)

1. Aredius (site web) 19/06/2010

Merci pour vos pages. Je viens d'apprendre l'histoire du "cachot de Rabelais".
Aredius, http://lefenetrou.blogspot.com

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